Épisode 63 : Radia à 24 ans, elle étudie en France et est originaire de Casablanca au Maroc. Elle nous raconte ses premiers souvenirs d’enfance, principalement autour de grandes réunions de famille chaleureuses. Elle nous explique qu’elle était dans une école française au Maroc, la même pour le primaire, le collège et le lycée.
Elle a un grand frère qui a seulement un an d’écart avec elle et qui étudie lui aussi en France. Sa mère est dermatologue et son père est kinésithérapeute. Durant toute sa scolarité Radia était très sérieuse et impliquée dans son travail, comme presque tous les élèves de son école, destinés à des carrières prestigieuses.
Radia s’est très vite intéressée au dessin. Notamment à l’illustration, passion qu’elle a gardé, elle est d’ailleurs aujourd’hui exposée en France. Elle nous explique que le dessin lui permet de se relâcher totalement.
Très jeune, Radia savait déjà qu’elle voulait faire un métier qui touche à l’humanitaire. Au CP elle participait déjà à une action sociale auprès d’une association caritative. Par la suite, cela l’a poussé à réfléchir aux métiers liés à la psychologie, elle évoque d’ailleurs un exposé qu’elle avait fait au collège, en classe de 3ème, autour de ce métier.
Au lycée, elle se dirige vers un bac ES car elle s’intéresse aux sciences sociales. Elle choisit la spécialité math avec une option art plastique et elle a quatre langues obligatoires, l’anglais, l’espagnol, le français et l’arabe. Elle parle donc couramment ces quatre langues.
À la fin du Lycée, vient le moment des choix d’orientation. Période assez complexe pour elle car son entourage n’est pas favorable à ce qu’elle se dirige vers la psychologie car il ne s’agit pas d’un métier assez « prestigieux » pour sa famille et dans la culture Marocaine, comme peuvent l’être la médecine, les sciences politiques ou le commerce.
On l’encourage donc à postuler à la Sorbonne, à Science Po… en lui disant qu’elle pourrait faire de la psychologie « à côté ». Au début, elle cède aux attentes qui pèsent sur elle, et finalement, au moment des épreuves écrites, elle se rend compte que ça ne lui correspond pas et qu’elle veut vraiment s’orienter vers la psychologie. Elle nous explique qu’elle a dû se « battre » pour faire ce qu’elle souhaitait mais elle postule finalement en faculté de psychologie en France.
Elle va donc à Lyon et se retrouve seule en France. C’est pour elle un choc car la culture est très différente et il faut une période d’adaptation. Elle souligne par ailleurs qu’une amie de sa famille a été là pour elle et l’a beaucoup aidé.
À la faculté, elle est tout d’abord surprise par la diversité, toutes les origines, aspirations différentes, et toutes les associations étudiantes. Elle est épanouie même si elle reste un peu perdue dans ce grand campus. Radia nous fait d’ailleurs part de certains regrets, elle pense qu’elle aurait dû, dès le début, s’inscrire dans une association ou prendre un parrain (un étudiant plus âgé qui la conseille et la guide). Ainsi, son adaptation aurait été plus rapide. Elle souligne aussi l’immense bibliothèque qui était pour les autres élèves trop grande et trop froide, mais qui, elle, la fascinait car il y avait une telle variété d’ouvrages en comparaison à ce qu’elle pouvait trouver au Maroc.
Après sa Licence, Radia est prise en Master. La sélection est très difficile et beaucoup de personnes ne sont pas sélectionnées, elle perd donc beaucoup de camarades, mais elle s’accroche malgré la lourde charge de travail.
Elle intègre un Master en psychopathologie clinique et psychanalyse, puis elle effectue un Master 2 de recherche, avec une année post-master de professionnalisation pendant laquelle elle doit faire deux stages. Elle nous raconte les difficultés qu’il peut y avoir pour trouver ces stages, car les conditions d’acceptation de l’école sont très précises. Elle explique que cela peut être intéressant de chercher dans des associations, ou en dehors de Lyon, et qu’il faut aussi penser à utiliser le réseau des étudiants car il y a beaucoup de solidarité entre les étudiants et cela peut vraiment aider dans la recherche d’un stage.
Pour Radia, la dimension culturelle à toujours été importante, et après avoir fait ses premiers stages de licence au Maroc elle choisit de faire ses stages de M1 et de M2 auprès des populations migrantes. Pour elle le propre de la psychologie est d’être au plus près des personnes les plus vulnérables et elle ne veut pas que ces personnes soient oubliées. Elle souligne que c’est ce qui l’anime depuis l’enfance, et qu’il est important de persévérer si on est attiré par ces métiers spécifiques.
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Ce podcast est proposé par Key4Job.
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