Dans le cadre de la Semaine PhiloMonaco 2023
Journée LE SOIN
Présenté par Isabelle Alfandary, auteure et professeure
Avec
Catherine Chalier, philosophe
Pr Raphaël Gaillard, professeur
Laurence Verneuil, enseignante-chercheuse
D’abord, la douleur est vertu: sans elle, je n’aurais pas ôté ma main de la plaque chauffante qui commençait à la brûler, sans cette terrible douleur à la poitrine, je n’aurais pas appelé SOS-Médecins. Ensuite, qu’elle s’exprime par des hurlements ou des plaintes, des rictus ou des spasmes, qu’elle soit sourde ou lancinante, petit bobo ou géhenne, elle a des raisons ou des motifs repérables, que la raison perçoit et le corps ressent: la carie met le nerf à nu, les calculs obstruent l’uretère, l’infection crée la dysménorrhée et l’écharde le panaris. Lorsqu’elle n’est pas physique, il est plus malaisé de lui attribuer une cause. Elle peut relever de la morale ou du moral. Dans le premier cas, elle est affaire de conscience: c’est la douleur de la culpabilité, du remords. Dans le second, elle est affaire d’existence: c’est la douleur d’être, tantôt trouble de l’humeur, asthénie, aboulie, sentiment d’incapacité, mésestime de soi, tantôt, ou en même temps, douleur de l’être qui ne sait plus se (sup)porter, qui endure le deuil, le désamour, l’abandon, la solitude. Mais ces formes s’entremêlent: les maladies de l’âme peuvent donner mal à la tête, et les maux de tête, à force, excorier l’âme ou la rendre exsangue. En d’autres termes, la douleur n’est pas toujours celle que «traitent» médecines du corps et médecines de l’esprit. Elle se confond avec le fait d’exister, avec les mille façons dont chacun «se cogne» au monde, aux autres, à soi-même, aux accidents de la vie. De quoi «sauve»-t-elle? Comment «tenir» face à elle? Comment, entre tragédie et rédemption, les cultures, les religions, les sagesses l’envisagent-elles?
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