Missak Manouchian à Mélinée
MAR 14, 2021
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Missak Manouchian à Mélinée, est la lecture de la lettre d’adieux, à son épouse, de l’un des responsables des FTP-MOI, nommés à tort le groupe Manouchian par la propagande nazie. Il est fusillé le 21 février 1944, avec vingt-deux de ses camarades résistants. Il signe cette lettre de son prénom francisé, Michel Manouchian. La vingt-quatrième condamnée, Olga Bancic, ne sera pas fusillée, mais guillotinée à la prison de Stuttgart.



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En 1925, le Parti Communiste Français (PCF) crée une section qui regroupe les militants étrangers sur le sol français. Le but est de fédérer tous les militants communistes d’origine italienne, polonaise, arménienne, roumaine, soviétique…On les nomme les MOI (Main d’Œuvre Immigrée).


Au début de la seconde guerre, le PCF hésite à s’opposer aux allemands, du fait de la signature du pacte germano-soviétique. Mais en juin 1941, lorsque l’Allemagne entre en guerre contre l’Union Soviétique, le PCF crée la section des FTP (les Francs-Tireurs et Partisans) et commence les actions contre l’armée allemande.Les deux sections se coordonnent pour créer les FTP-MOI (les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’Œuvre Immigrée). Boris Holban prend la direction de la section « militaire » du groupe, et Cristina Boïko, celle du service de renseignements.


« Un qui tue, un qui achève, un dernier qui surveille »


Les groupes d’intervention multiplient les actions et actes terroristes, dès le printemps 1942. Ils sont organisés en triangle : « un qui tue, un qui achève, un dernier qui surveille », comme le décrit Boris Holban dans ses mémoires. Ils sont financés et protégés par le PCF (une solde, des faux papiers, des cartes d’alimentation et des planques clandestines).


En tout, on recense 229 attaques des FTP-MOI en plein Paris en 1942 et 1943, dont certaines, spectaculaires. Ils sont regroupés en quatre détachements. Au printemps 43, c’est le 2ème détachement, celui que constituent les jeunes militants juifs, le plus actif, qui est démantelé par la police française.


Devant la chute du 2ème détachement, la direction nationale du PCF demande aux FTP-MOI une intensification des frappes. Holban s’y oppose, demandant à ce que les autres militants encore actifs soient mis à l’abri pour échapper aux filatures. Il est alors destitué de ses fonctions, et remplacé par Missak Manouchian en juillet 1943.


« La chance sourit aux audacieux »


En septembre 1943, Cristina Boïko marche dans les rues de Paris. Elle remarque une voiture officielle dont descend un gradé allemand. Un triangle des FTP-MOI, mené par Marcel Rejman, est constitué pour prendre le véhicule en filature et abattre son occupant.


Le 28 septembre 1943, ils assassinent, rue Pétrarque, sans le savoir, Julius Ritter, colonel SS du III° Reich, responsable du STO (Service du Travail Obligatoire).


La chute des FTP-MOI


Les représailles allemandes sont lourdes de conséquence.  Cinquante otages du camp de prisonniers du fort de Romainville sont sélectionnés (dont quatorze membres du réseau Alliance) et exécutés le 2 octobre 1943 au Mont Valérien, à la demande d’Himmler. Les Brigades Spéciales des renseignements généraux de la Préfecture, intensifient les filatures (commencées en juillet 43).


En octobre 1943 ils arrêtent Joseph Davidovitch, l’un des dirigeants des FTP. Il aurait révélé un certain nombre d’informations qui, recoupées avec les résultats des enquêtes, auraient permis le démantèlement d’une partie de l’organisation, et notamment du groupe Manouchian.Ces soupçons, ainsi que les conditions assez suspectes de sa soi-disant « évasion », conduisent les militants, dont Boris Holban...

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