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Nous sommes le 22 novembre 1922. Jetons un coup d’œil au Figaro, ce quotidien de droite fondé un peu moins d’un siècle auparavant, on peut y lire : « Les obsèques de M. Marcel Proust ont été célébrées hier, à midi, en l’église Saint-Pierre de Chaillot. (…) Le deuil était représenté par le docteur Robert Proust et Mme R.Proust, frère et belle-sœur de l’écrivain, et Mlle Proust, sa nièce. Les honneurs militaires ont été rendus au chevalier de la Légion d’honneur par un détachement d’officiers de la place de Paris. De belles couronnes étaient adressées par la Nouvelle Revue française, l’Union des Arts, etc. » Ensuite, le journal égrène les très nombreuses personnes présentes dans l’assemblée. Ce sont les grands noms du « tout Paris », il y en a des dizaines… De la présence de la fidèle et dévouée Céleste Albaret : pas un mot. Pourtant, elle était bien là. Comme beaucoup d’admirateurs, elle a suivi le convoi à pied pendant plus de deux heures jusqu’au cimetière du Père-Lachaise. Céleste, « mon amie de toujours » comme la nommait Proust, entrée à son service en août 1914. « Sans vous, je ne pourrai plus écrire » déclarait le Maître. Céleste, la muse et l’inspiratrice qui, une trentaine d’années après la disparition de l’auteur de « La Recherche », deviendra le témoin privilégié, la gardienne de la mémoire de l’une des figures majeures de la littérature du vingtième siècle. Qui était Céleste Albaret ? Retrouvons-la sur son chemin… Invitée : Laure Hillerin, autrice de « À la recherche de Céleste Albaret - L’enquête inédite sur le captive de Marcel Proust » éditions Flammarion.